Les douleurs menstruelles ou dysménorrhée sont un problème courant qui touche de nombreuses personnes ayant leurs règles, mais saviez-vous qu’il en existe deux types ? Ce guide vous expliquera tout cela dans un langage simple et facile à comprendre. Nous examinerons les raisons des douleurs menstruelles, leurs causes, comment faire la différence entre des crampes banales et des douleurs plus graves, ainsi que les options de traitement.
Qu’est-ce que la dysménorrhée ?
Le terme dysménorrhée vient du grec et se traduit par “saignement mensuel douloureux“. Il fait référence aux crampes et à l’inconfort qui accompagnent souvent les menstruations. Il existe deux types principaux de dysménorrhée :
- Dysménorrhée primaire : Crampes récurrentes non causées par un problème sous-jacent.
- Dysménorrhée secondaire : Douleurs menstruelles causées par un problème de santé identifiable.
Ces deux types de douleurs peuvent avoir un impact sur votre vie quotidienne et sur votre bien-être physique, émotionnel et mental. Voici comment les différencier.
Dysménorrhée primaire : douleurs menstruelles “normales”
Qui est concerné ?
- Plus fréquente chez les adolescents et les jeunes adultes, elle débute généralement dans les deux ans qui suivent les premières règles.
Ce que l’on ressent :
- La douleur commence généralement juste avant ou pendant les règles et dure jusqu’à 72 heures.
- La douleur est centrée sur le bas-ventre mais peut s’étendre au bas du dos ou aux cuisses.
- Les crampes peuvent être aiguës, douloureuses ou épisodiques et suivre un schéma prévisible chaque mois.
D’autres symptômes que tu peux observés :
- Nausées ou vomissements
- Maux de tête
- Dizziness
- Fatigue
- Difficultés à dormir
Pourquoi ça arrive?
La dysménorrhée primaire est le plus souvent causée par les prostaglandines, des substances chimiques naturelles libérées dans l’utérus pendant les règles.
- Lorsque la muqueuse utérine se détache, les prostaglandines déclenchent des contractions utérines pour aider à expulser le tissu.
- Des niveaux plus élevés de prostaglandines provoquent des contractions plus fortes, entraînant des crampes plus sévères.
- Ces contractions peuvent réduire le flux sanguin vers l’utérus, ce qui provoque des douleurs et peut également déclencher des nausées ou des diarrhées.
Qu’est-ce qui augmente le risque de dysménorrhée primaire ?
Certains facteurs peuvent vous rendre plus susceptible de souffrir de crampes douloureuses, notamment
- Avoir moins de 30 ans
- Des règles plus précoces
- Fumer
- Essayer de perdre du poids ou avoir un indice de masse corporelle (IMC) très élevé/faible
- Stress, anxiété ou dépression
- Règles plus longues ou plus abondantes
- Des antécédents familiaux de douleurs menstruelles
Si l’une de ces situations s’applique à vous, vos crampes peuvent être plus intenses. Mais n’oubliez pas que vous n’êtes pas seule et qu’il existe des moyens de gérer la douleur !
Dysménorrhée secondaire : Quand les douleurs menstruelles révèlent quelque chose de plus
Contrairement à la dysménorrhée primaire, la dysménorrhée secondaire est causée par une cause sous-jacente. Elle peut toucher n’importe qui à n’importe quel âge, mais elle est plus fréquente chez les personnes âgées de 30 à 40 ans.
Signes indiquant qu’il pourrait s’agir d’une dysménorrhée secondaire :
- Les douleurs menstruelles s’aggravent soudainement ou apparaissent plus tard dans la vie.
- La douleur dure plus longtemps que d’habitude et ne s’améliore pas avec les traitements habituels.
- Tu présentes d’autres symptômes tels que
- Règles abondantes ou saignements irréguliers
- Douleur pendant les rapports sexuels (dyspareunie)
- Saignement entre les règles
- Saignement post-coïtal (saignement après un rapport sexuel)
Quelles sont les causes de la dysménorrhée secondaire ?
Plusieurs problèmes de santé peuvent entraîner des douleurs menstruelles plus intenses, notamment
- Endométriose :
- Un tissu semblable à la muqueuse utérine se développe à l’extérieur de l’utérus, provoquant des douleurs, des inflammations et des cicatrices.
- Jusqu’à 29 % des personnes souffrant de douleurs menstruelles intenses peuvent être atteintes d’endométriose, surtout si les analgésiques habituels (comme les AINS) n’ont pas d’effet.
- Adénomyose :
- La muqueuse utérine se développe dans la paroi musculaire de l’utérus, provoquant des règles abondantes et douloureuses.
- Fibromes utérins :
- Excroissances non cancéreuses dans l’utérus qui peuvent provoquer des crampes intenses et des saignements abondants. Particulièrement fréquents chez les femmes noires.
- Maladie inflammatoire pelvienne (MIP) :
- Infection des organes reproducteurs, souvent causée par des infections sexuellement transmissibles (IST).
- Cicatrice utérine :
- Les cicatrices laissées par les césariennes ou les interventions chirurgicales peuvent créer des problèmes structurels tels qu’une niche utérine, ce qui provoque des douleurs.
- Anomalies de l’appareil reproducteur :
- Certaines personnes naissent avec des anomalies structurelles qui ont un impact sur leur flux menstruel et provoquent des douleurs.
Quand consulter un médecin
Si vos douleurs menstruelles vous gênent dans votre vie, il est temps d’en parler à un professionnel de la santé. Voici quelques signaux d’alarme à surveiller :
- Crampes qui s’aggravent soudainement ou durent plus longtemps que d’habitude
- Douleur qui ne répond pas aux médicaments en vente libre
- Saignements abondants qui traversent rapidement les serviettes hygiéniques ou les tampons.
- Saignements irréguliers ou entre les règles
- Douleur pendant ou après les rapports sexuels
Votre médecin peut vous recommander des tests ou des examens d’imagerie pour vérifier l’existence d’une cause sous-jacente et élaborer avec vous un plan de traitement. Nous savons qu’il peut être difficile de s’exprimer. Voici donc quelques idées de traitement dont vous pouvez discuter avec votre médecin !
Traitement et prise en charge de la dysménorrhée (règles douloureuses)
Traitements non médicaux :
- Chaleur : L’application de chaleur sur le bas-ventre peut être tout aussi efficace que les médicaments contre la douleur et constitue un choix privilégié pour de nombreuses personnes car elle n’a pas d’effets secondaires.
- L’exercice : L’exercice régulier aide à réduire les douleurs menstruelles. Un exercice modéré est recommandé pour tout le monde.
- Régime alimentaire sain : Une alimentation équilibrée, riche en vitamines et en minéraux, peut contribuer à réduire l’intensité de la douleur.
- Remèdes à base de plantes : Certaines personnes essaient des thérapies à base de plantes ou la médecine chinoise, mais il n’y a pas assez de preuves pour les recommander largement.
- Acupuncture et TENS : certaines personnes sont soulagées par l’acupuncture ou la stimulation nerveuse électrique transcutanée, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour confirmer leur efficacité.
Médicaments :
- AINS : Ces médicaments sont généralement le premier choix pour soulager la douleur. Ils bloquent les substances chimiques à l’origine de la douleur (comme les prostaglandines) et sont plus efficaces lorsqu’ils sont pris quelques jours avant l’apparition de la douleur.
- Acétaminophène : Si les AINS ne sont pas une option, l’acétaminophène peut être utilisé comme alternative.
- Contraception hormonale : Les pilules, les patchs ou les anneaux peuvent aider à réguler les règles et à réduire la douleur en empêchant l’ovulation et en amincissant la paroi de l’utérus.
- Contraception progestative : Cette méthode peut être utile pour les personnes souffrant de dysménorrhée secondaire liée à des causes telles que l’endométriose.
- Autres médicaments : Dans certains cas, des traitements plus puissants tels que les agonistes de la GnRH, les inhibiteurs de l’aromatase ou les vasodilatateurs peuvent s’avérer nécessaires, mais ils sont généralement réservés aux cas les plus graves.
Options chirurgicales :
La chirurgie n’est envisagée que si les autres traitements sont inefficaces. Si vous avez lutté contre la douleur pendant des années, c’est peut-être pour vous. Les options possibles sont les suivantes :
- Laparoscopie : Pour les cas où l’on soupçonne une affection sous-jacente telle que l’endométriose.
- Ablation de l’endomètre : Pour les personnes ayant des saignements abondants.
- Hystérectomie : En dernier recours, surtout si les autres traitements ont échoué.
Conseils sur le mode de vie :
- Exercice : aide à réduire la douleur en améliorant la circulation et en libérant des analgésiques naturels (endorphines).
- Nutrition : Une alimentation saine peut aider à gérer les symptômes. Certaines vitamines peuvent être particulièrement utiles.
- Gestion du stress : Le stress émotionnel peut aggraver la douleur. Il est donc important de trouver des moyens de se détendre.
La plupart des personnes souffrant de dysménorrhée primaire répondent bien aux AINS, et les cas graves peuvent nécessiter une combinaison de traitements. La dysménorrhée secondaire dépend de la cause sous-jacente et le traitement peut donc varier.
Complications : Si la dysménorrhée primaire n’entraîne généralement pas de complications graves, la dysménorrhée secondaire peut entraîner des problèmes tels que l’infertilité, des saignements abondants ou l’anémie, en fonction de l’affection sous-jacente.
L’essentiel est de trouver le bon traitement pour aider à gérer la douleur et améliorer ta qualité de vie.
Réflexions finales : Comprendre tes douleurs menstruelles
Les douleurs menstruelles sont courantes, mais elles ne doivent pas contrôler ta vie. En comprenant la différence entre la dysménorrhée primaire et la dysménorrhée secondaire, tu peux prendre des mesures pour gérer tes symptômes et demander de l’aide si nécessaire.
Si tu souffres de crampes sévères ou d’autres symptômes inquiétants, n’hésites pas à consulter un professionnel de la santé. Un soulagement est possible et tu mérite de te sentir au mieux de ta forme chaque mois.
Ce guide a-t-il pu t’aider à mieux comprendre tes douleurs menstruelles ? Partages-le avec quelqu’un qui pourrait le trouver utile, ou explore nos autres articles sur la gestion de la santé menstruelle !
source:
Nagy H, Carlson K, Khan MAB. Dysmenorrhea. [Updated 2023 Nov 12]. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2024 Jan-. Available from: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK560834/